Soutenir

Guide de terrain

Le désabonnement qui n’en est pas un

Le lien est tout en bas, en gris, haut de quatre points, et il mène à une page qui vous demande de vous connecter à un compte que vous n’avez jamais créé.

Aussi appelé : lien de désabonnement enterré, labyrinthe du centre de préférences, désabonnement qui réabonne

Comment le repérer

  • Se désabonner exige de se connecter, et vous n’avez jamais eu de mot de passe.
  • Le lien mène à un centre de préférences avec quatorze catégories, dont aucune n’est « toutes ».
  • Vous êtes désabonné de cette campagne-ci, pas de l’expéditeur.
  • La confirmation annonce un délai pouvant aller jusqu’à trente jours, soit plus que ce que permet la loi.
  • Vous vous désabonnez, et une autre marque de la même entreprise se met à vous écrire.

Pourquoi cela fonctionne sur vous

Une liste est un actif, et on la mesure à sa taille : ceux qui en ont la charge ont donc intérêt à ne la réduire que lentement. Chaque étape supplémentaire fait renoncer une fraction de ceux qui voulaient partir, et aucune de ces étapes ne paraît déraisonnable prise isolément. Le centre de préférences en est le cas le plus net : il se présente comme un outil de contrôle, et sa fonction réelle est de transformer un départ en ajustement.

Que faire

  • Utilisez le bouton de désabonnement de votre logiciel de messagerie, en haut du message, plutôt que le lien en bas de page. Il s’adresse directement à l’expéditeur et ne passe pas par sa page.
  • Si vous devez passer par le lien du bas, choisissez l’option « se désabonner de tout » et faites une capture d’écran de la confirmation.
  • Signalez le message comme indésirable plutôt que de vous désabonner quand vous ne vous êtes jamais inscrit chez cet expéditeur. C’est le signal qui lui coûte réellement quelque chose.
  • Ne répondez pas, et ne cliquez pas pour confirmer que vous êtes une vraie personne, dans un courriel que vous n’attendiez pas.

Ce que dit la loi

Aux États-Unis, la loi CAN-SPAM impose un mécanisme de refus fonctionnel dans chaque message commercial et laisse dix jours ouvrables à l’expéditeur pour l’appliquer. Par ailleurs, depuis février 2024, Gmail et Yahoo exigent des expéditeurs en nombre, à partir de cinq mille messages par jour, la prise en charge du désabonnement en un clic prévu par la RFC 8058 pour le courrier commercial, et son application dans les deux jours. Ce n’est pas une loi, c’est une condition de livraison, et elle a changé les pratiques plus vite que le texte de loi. Dans l’Union européenne, le consentement au sens du RGPD doit être aussi facile à retirer qu’il a été facile à donner.

Ceci décrit une réglementation publiée, ce n’est pas un avis juridique, et les règles dans ce domaine ont changé plus d’une fois. Les sources ci-dessous sont les sources primaires.

Sources

Procédés voisins